Le Ceras, qui porte la revue Projet, a donc quitté Paris pour La Plaine Saint-Denis (quartier de la Montjoie). Il n’abandonne pas sa mission, sa finalité. Il continue à travailler avec des mouvements et institutions à travers toute la France. Il reste en lien avec d’autres lieux de réflexion nationaux et internationaux. Mais notre conviction est que les enjeux pour vivre ensemble, pour renforcer des solidarités dans un monde où le jeu des sphères, individuelles, politiques, économiques, se transforme profondément, sont bien ceux auxquels se trouve confronté le « territoire » où le Ceras a choisi de se « délocaliser ». Une délocalisation relative : juste de l’autre côté du périphérique, dans une agglomération en refondation.

Notre pari est que la démarche originale du Ceras, qui donne de se croiser le récit des acteurs et l’éclairage des chercheurs, trouvera d’autres occasions de s’enraciner pour mieux rejoindre d’autres « récitants » et d’autres témoins en d’autres lieux : ceux des projets de ville (quelles en sont les lignes de force, comment et avec qui sont-ils élaborés ?), ceux qui sont attentifs aux rapports des entreprises avec l’environnement (brassage des salariés, avenir des pôles économiques), aux mixités nouvelles, à la place des diverses cultures et religions.

Ces questions parmi d’autres – débat démocratique, échelles de territoire, exclusion, appartenances - ont déjà nourri le travail du Ceras. La dialectique du local et du global n’est pas à sens unique. On peut penser « localement » pour orienter des actions plus globales, comme on peut apporter l’éclairage de la recherche pour soutenir les engagements. Etre participants d’un nouveau territoire, ce peut être une chance.



Article également accessible sur Cairn.info 

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