Quand tous sont admis à la délibération et en toute manière, il y a démocratie. Même si la démocratie s’impose comme seul système politique légitime, grand est le risque d’oublier la force de la définition d’Aristote. Celle-ci renvoie vers un horizon combien souhaitable. Ne risque-t-il pas de devenir inaccessible aujourd’hui ?

D’abord, comment organiser l’implication de tous dans une « démocratie de masse » ? Le jeu d’équilibre qui associe démocratie représentative et démocratie délibérative impose la recherche d’un tiers qui permette une sorte de médiation entre le peuple et les élites. La participation associative peut-elle jouer ce rôle, au moment où les partis politiques s’affaiblissent ? Ces derniers jouent-ils encore leur rôle pour socialiser de nouveaux citoyens et agréger des demandes de la société ?

Ensuite, dans une société plus complexe, comment conjuguer les différentes échelles ? Au niveau mondial, c’est en rassemblant des mouvements et des groupes de diverses natures, que le forum social met en scène une alternative de la mondialisation. Au niveau local, les procédures participatives sont souvent lourdes et se développent parfois sans véritablement respecter l’autonomie des participants.

Enfin, comment trouver les formes d’une articulation entre délibération et décision ? Aussi bien pour les retraites que pour des choix techniques, le débat permet de prendre conscience de l’importance d’un problème. S’il favorise l’émergence de compromis en évitant les blocages ou les inerties, il risque aussi de n’être qu’un habillage « pédagogique ».

Le débat, on le voit, se présente comme le nœud de la démocratie. Il est bon de se souvenir qu’il est bien davantage qu’un bienfait de la démocratie, il en constitue la condition.



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