Bosnie, Kosovo, Irlande du Nord, Moluques, Inde, Israël, Liban, Irak… Pourquoi les religions sont-elles si souvent associées aux causes et aux phénomènes de violence ? Sont-elles violentes par essence, toute croyance en l’Absolu risquant d’éliminer l’autre ? Ou est-ce l’effet d’un nouveau contexte international, qui les expose en première ligne des conflits ? A moins que seules certaines religions n’aient ce triste privilège ? L’histoire européenne, pourtant, fut bien le théâtre de guerres de religions et fourmille d’exemples d’une justification religieuse des conflits…

Les religions sont potentiellement dangereuses : elles touchent aux questions ultimes de l’humanité, elles possèdent un pouvoir inégalé de rassemblement, de mobilisation et de légitimation. Et ces capacités les rendent sensibles aux manipulations par les forces politiques, offrant un terrain propice aux jeux de pouvoir. Précisément, après la fin de la guerre froide, les conflits récents sont bien souvent marqués par l’émergence de la question des identités culturelles, où la dimension religieuse joue un rôle important. Huntington prédit un choc des civilisations dont les grandes religions sont comme les creusets.

Entre identité culturelle, identité religieuse et identité politique, il est donc urgent de clarifier les liens et les différences, les influences et les détournements. De même, entre religion, croyances et facteurs ethniques ou sociaux. Les articles de cette première partie s’attachent à dénouer l’écheveau de ces relations complexes.


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