Les religions se trouvent associées aux causes de violence, pourtant leur visée n’est-elle pas dans le lien avec le Transcendant, de « relier » les hommes entre eux et de procurer la paix ?  La tentation serait de repousser la question en insistant sur la différence profonde entre les traditions religieuses et leurs caricatures, manipulées par tous ceux qui les utilisent. On peut vouloir dédouaner les religions, en montrer une figure angélique et en dénoncer les perversions politiques. Ce serait oublier que le message dont elles sont porteuses est véhiculé par l’histoire humaine : il s’adresse à des hommes marqués par la fragilité, la jalousie et le désir de domination.

Le Coran et la Bible, juive et chrétienne, ne manquent pas de passages violents qui embarrassent les croyants. Et toute l’histoire, ancienne ou récente, de leurs traditions n’est pas indemne de passions belliqueuses. Dès lors, comment celles-ci se confrontent-elles à la question de la violence ? De quelles ressources disposent-elles pour affronter une réalité qui habite le cœur humain et leur propre histoire ? Dans cette deuxième partie, trois traditions (juive, chrétienne et musulmane) sont interrogées sur ce rapport à la violence, soit dans leur histoire fondatrice, soit dans leur interprétation de leurs écritures sacrées. Loin d’une dénégation, c’est un itinéraire de révélation, de traversée et de libération de la violence qui se présente alors aux croyants, dans leur diversité.

Quant au dialogue inter-religieux, son inestimable contribution à la paix et la réconciliation, n’est pas automatique. Il suppose le respect de certaines conditions et pose la question de la vérité.


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