« J’ai 35 ans, je suis enseignant en sciences économiques et sociales. Je suis entré en politique en militant pour l’UDF à la fin des années 1990. En faisant à Paris la campagne pour François Bayrou en 2002, j’ai découvert combien il était difficile d’intéresser les gens à la politique. Nous sommes d’abord en concurrence, que ce soit pour tracter ou pour coller des affiches : le Gud [Groupe union défense, organisation d’extrême droite] nous a même volé nos balais et nos seaux alors que nous étions en train de recouvrir les affiches du Front national à la fac d’Assas! Sur les marchés, on est aussi confronté au « tous pourris » – une façon pour certains de projeter leurs difficultés sur les politiques –, ou à l’indifférence quand on milite pour un petit candidat. J’ai vu l’intérêt pour Bayrou croître soudainement quand il fut crédité de 7 % ou 8 % dans les sondages en mars 2002 (il plafonnait à 2 % en décembre 2001). Alors, la discussion peut être intéressante, notamment quand les gens ont une certaine culture politique.

D’autres donnent au politique une importance qu’il n’a pas, ou survalorisent notre influence auprès du candidat. D’une façon générale, la désillusion est profonde envers les grands discours. Il est plus facile d’expliquer les enjeux et la portée concrète des décisions politiques pour des scrutins locaux. Pour ma part, je n’ai pas voulu en rester au militantisme. Je suis à présent élu local divers-centre à Taverny (Val d’Oise), ce qui me conduit à faire campagne différemment. C’est ainsi que j’ai émis un communiqué pour expliquer mon soutien à François Hollande, car depuis le discours de Grenoble, qui stigmatisait toute une population, je ne me reconnais plus dans Nicolas Sarkozy que j’avais vu, en 2007, comme l’homme de la situation. »

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